Contre le Duvaliérisme Mr.Malbranche J'ai lu votre...

Jean-benito Mercier - December 22 2007, 1:19 PM

Contre le Duvaliérisme
Mr.Malbranche
J'ai lu votre réaction et je vous en sais gré.

Peut-être, j'aurais dû vous lire plus souvent, j'aurais ainsi la ferme conviction que je n'étais pas seul à croire que le duvaliérisme n'est synonymique que d'obscurantisme et d'arriérisme doublés de psychopathologie incurable.

Et je me dis très souvent aussi, que bien malheureusement la majorité des compatriotes ne saisissent l'ampleur des torts causés par le duvaliérisme parce que l'histoire ne nous permettra jamais de prendre du recul au moment où nous la vivons si nous ne nous faisons pas violence; elle nous embarque inéxorablement.Ainsi donc, la pathogénécité du duvaliérisme prendra toute une éternité avant de s'extirper de la psyché de cette clique de négro-noiristes et par extension d'un grand pan du pays profond, car les insinuosités psychanalytiques du duvaliérisme, pour dire après Toussaint, sont profondes et nombreuses.

En effet, cette distillation de la déraison a laissé des traces indélébiles dans nos consciences, dans la mienne en tout cas, réfléchissant un petit moment à quel degré d'excroissance magalomaniaque que Jean-Claude Duvalier a pu parvenir pour assouvir son besoin de dilapider les caisses publiques par dandisme chaque 2 janvier tandis que le peuple famélique, porte les stigmates de l'illétrisme d'un côté, de tous les maux physiques et mentaux de l'autre.

Et pourtant, il était entouré, Jean-Claude, des Chanoine, Theodore Achille, Merceron, Lafontant paix à son âme...

tous gens passés pour éclairés, acceptés dans le cercle vicieux des intellectualistes de mauvais goût. C'était sous peu encore que j'ai lu dans l'une des colonnes du Nouvelliste, un journal pour lequel j'ai beaucoup de respects, une tirade dithyrambique en honneur de Mr. Achille qui s'était recroquevillé pendant près de deux décennies dans une des villes du Canada attendant de voir passer le temps des grands orages en Haïti.J'ai été renversé de voir cette tentative de réhabilitation, à contre-courant de l'histoire par un des journaux des plus en vogue dans le pays, d'un des grands barons du duvaliérisme et fils apatride de la nation, car je me disais tout bachelier que j'étais que la révolution éducative pour libérer Haïti, devait arriver par eux nouveaux héritiers du duvaliérisme dans sa version Jean-Claudiste.

Ce grand chambardement éducatif qui a été occultée par les Américains lesquels, au moment de l'occupation du pays pendant dix-neuf ans avaient, dans un plan d'actions cynique mûri à l'avance, bien assimilé des Français, que l'inéducation est la formule panacée de docilisation de la nation, de spoliation socio-culturelle, économique et surtout d'enlisement générationnel et dévelopmental de ce pays de nègres.C'était cet Achille-là que le silence de l'exil semblerait-il, avait blanchi, lavé d'eau bénite et représenté à l'autel de la nation, paradoxalement, pas pour sa confession, son exorcisme ou le rachat de ses péchés mortels contre le peuple, contre ma génération, celle immédiatement d'après moi et toutes les autres à venir, car l'analphabétisme d'un peuple quand promu par des hommes éclairés devait être accusé non seulement de crime crapuleux, mais de la plus haute trahison, plutôt pour être canonisé.Bref, la honte nous a été servie dans un calice par un journal respectable.

Alors je me disais que tout ceci rentre dans le cadre d'une pratique de culture antimnésique dont l'ultime dénouement sera le dépouillment de notre soi ontologique.Qu'achille soit vénéré en grande pompe dans le nouvelliste est intentionnellement destiné à produire un effet psychologique de grande envergure, presqu'épiphanique.

Il a été ressuscité du monde des morts et son ascension vers la lumière et le plein jour nous est annoncé par le Nouvelliste.

Mais pouvons-nous être des hommes sans notre mémoire que je me demande?

Si oui quel type d'homme serons-nous si notre mémoire collective n'arrive pas, à deux ou trois décennies de distance de sa focalisation, se fixer sur un point aussi central de notre histoire: le duvaliérisme.

Si j'admets que nous restons des êtres en constant devenir parce que nous nous renouvelons chaque jour, je n'admettrai pas néanmoins que nous devons nous diluer dans la déraison, l'ahistoricité, un après-nous-c'est-nous frappé de cécité maniaque.

En somme, c'est ce que le duvaliérisme nous a offert depuis sa conception jusqu'à son périgée.Le duvaliérisme, comme l'esclavagisme, comme l'occupation, a utilisé l'ignorance pour assouvir sa soif de folie surhumaine.

Le père du duvaliérisme, à mon avis, s'est affirmé par les résultats destructifs et négateurs que ce dernier a produits, le plus fin et le plus maladroit des stratèges poiliques.

Certes je lui concèderai la maîtrise de l'armée, un autre cancer qui a rongé le pays. Mais a-t-il vraiment cessé d'être pour moi un dictateur macrocéphale avec une vision pas plus loin que le bout de son nez de griot défroqué, je dirai non. Je me disais qu'un vrai griot verrait loin, il anticiperait l'histoire dans le sens le plus positif du terme en promouvant l'ascension verticale de son peuple, pas en lui créant des sillons horizontaux de mort graduelle et générationnelle; le duvaliérisme a construit des lits de mort au peuple.

Mais seuls ceux-là qui prennent du recul, qui ne s'endimmanchent pas de leur toge négro-noiriste sauront combien le duvaliérisme a été antihaïtien, antinègre et pro-négro-noiriste, car ce sont ces ramparts qui, encore affectés de l'irrationalité qu'il prônait, et à travers leurs inéluctables lentilles déformantes, comme encore habités dans des cavernes, réfractent la réalité parlante qui leur saute aux yeux en se tordant la langue pour la distordre.

Je me dis que le processus de dépsychologisation des consciences est pour aujourd'hui et il doit commencer par les négro-noiristes vestiges d'une vision de classe inconsciente et névrosée.Quant à Aristide c'est aussi un débat à explorer compte tenu du fait que j'ai ma petite opinion là-dessus et que j'aimerais au moment opportun y revenir.

Il importe de psychanalyser notre société, et ceci, en fait, bien malheureusement, aurait dû être l'objet de débats scolaires et universitaires, c'est-à-dire actifs à tous les niveaux de l'échelle sociale.

Et pour cela nous devons garder notre mémoire vive et alerte, car il est trop tôt pour oublier.

Mr. Malbranche votre paragraphe se référant à Duvalier a servi comme exergue à ma réflexion, j'espère que vous ne m'en voudrez pas et que vous ne vous sentirez pas trop lésé.

Allez à bientôt, votre serviteur
Jean-Benito

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Cher monsieur Mercier, Je suis totalement de votre...

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Erratum: Lisez plutot megalomaniaque toutes mes...

Hip! HIP! CHAPEAU!!

Cher Monsieur Mercier, Je suis intraitable envers la...

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