Mr. Malbranche J'avoue que je ne peux que crier Aufklarung...

Jean-benito Mercier - December 28 2007, 1:05 AM

Mr. Malbranche
J'avoue que je ne peux que crier Aufklarung! Eureka! J'ai trouvé beaucoup de réponses aux questions que je me posais, que j'ai posées aux causeurs du site, à vous en particulier Mr. Malbranche.

Je considère notre propension maïeutique une exigence propédeutique nécessaire à l'accouchement de la vérité.

Et celle-ci nous affranchira de nos détours et déroutes, de nos irresponsabilités civiles.

Continuons donc notre périple axiologique, et je crois que notre quête, causeurs passionnés de la vérité, nous conduira inévitablement aux questions connexes au substrat d'un État démocratique, je veux dire l'État dans son essence éthico-juridique.

L'État Hobbien stipule clairement que l'homme, mû par le désir et la crainte, délèguera son droit à un souverain absolu.

Signalons immédiatement un paradoxe ici: ce souverain absolu pourrait être ou Aristide ou l'État; l'un ou l'autre peut être le léviathan n'est-ce pas?

A moins qu'on aboutisse, par une astuce mentale, à un néant collectif social, l'équation réductionniste Aristide=l'État est foncièrement absurde.

Posons une autre question plus fondamentale à mon avis: en dépit des accusations portées contre Aristide à ce sujet, peut-on croire vraiment qu'Aristide a symbolisé à lui seul l'État Hobbien?

Si vous m'invitez à convenir avec vous sur ce qu'avant Aristide le pays n'a connu une telle déroute de l'État, je déclinerai, Mr. Malbranche, en toute honnêteté parce qu'à mon sens c'est une mauvaise lecture de la situation socio-politique haïtienne avant Aristide.

Car au cours de ses deux gouvernements, il y a eu un contre-pouvoir constitué par l'armée apatride, d'abord ce qui a justifié le coup d'État sanglant du 30 Septembre 1991; le parlement; l'IRI (L'nstitut Républicain International) qui finance les partis politiques bidons; la société civile menée par Mr. Rosny Desroches et consorts; les mass media; l'ambassade américaine qui ouvertement s'ingérait dans les affaires internes du pays violant ainsi toutes les recommandations du droit international; enfin tous les morcellements satéllitaires de sociétés de malfaiteurs soumises aux forces osbcurantistes visibles ou invisibles dans la société.

L'incarnation de cet État Moloch mangeur de ses propres fils serait à mon sens bien antérieur à Aristide se substantialisant plutôt dans le Duvaliérisme, père et fils, les groupes fascistes comme le FRAPH d'Emmanuel Constant de son vaillant nom Toto, les juntes militaires successives d'après 86. Sous Duvalier chacun des barons du système possédait une prison chez lui. Fort Dimanche un charnier bien célèbre fonctionnait à plein régime sous les Duvalier.

Luc Désir par exemple au Bel-Air avait sa petite prison; Astrel Benjamin dans le Sud et autres sicaires de notoriété publique à la solde des Duvalier terrorisaient les populations de part et d'autre des neuf départements du pays. Pensons un instant aux intellectuels progressistes disparus sous Duvalier; je cite en passant Jacques Stéphène Alexis, Richard Brisson, Jacques Roumain, et des dizaines d'autres exilés pendant un quart de siècle.
Certes, sous Aristide 2 il y a eu des éléments déviants qui s'adonnaient à des actes de banditisme.

Mais disons-nous bien que c'étaient des brigands, produits marginalisés d'une longue histoire d'exclusion sociale que la police et la justice devaient appeler à l'ordre, chassés et pourchassés avec toute la force, toute la rigueur du pouvoir judiciaire convenu d'exercer son boulot de régulateur impartial de la société, mais plus fondamentalement que les institutions étatiques ou civiles ensemble devaient contrôler. Autant de bandits de grand chemin qui, profitant de la faiblesse de l'État, l'avaient pris en otage.

De fait, le surhomme Nietschéen ici ne s'autocrée, il a été procréé de toutes pièces par les forces hostiles qui minimisent la responsabilité de toutes les autres instances vitales du pays réunifiées dans ce dernier le mutant en une parfaite monstruosité.

Le projet de démocratisation d'une société reste conaturelle à une vision plurielle des institutions vitales de cette dite société, de leur renforcement, leur responsabilisation; mais pas dans la perception par nous d'un surhomme messianique qu'il soit Aristide ou autre, revêtu de tous les pouvoirs ou d'être un citoyen sanctifié.

La partition sociale doit être uniforme.

Si toutes les autres institutions du pays mis à part l'exécutif honnissent le peuple, travaillent contre ses intérêts, si les institutions des droits humains dénient la dignité au peuple, si les ONG s'enrichissent à ses dépens et qu'Aristide le leurrerait en lui disant que "tout homme est un homme" "tout moun se moun" alors si en y faisant croire le peuple, il devenait lui irresponsable, c'est la faute à qui?

La fétichisation trop plate d'Aristide tendrait a angéliser les institutions traditionnelles, éclatées certes, mais toujours actives, au stade larvaire, parasitoïde.
Les torts d'Aristide seraient innombrables, ils devaient être redressés par la loi; un homme meilleur qu'Aristide devait hériter du pouvoir, la remise du pouvoir faite par une passation en bonne et due forme.Voilà ce qui va sortir Haïti de l'ornière du sous-développement.

La primauté de la loi et sa pérennisation.

En cela, je suis tout à fait de votre avis Mr. Malbranche, qu'il faille une réforme profonde des entités infrastructurelles et superstructurelles sur lesquelles s'arc-boute la société haïtienne.

Qu'on voit dans le président l'incarnation des pouvoirs du pays n'est-ce pas en soi une perception antidémocratique! La constitution stipule clairement qu'il existe trois pouvoirs dont le pouvoir exécutif, et Aristide comme représentant du pouvoir exécutif n'était qu'au service de la loi, pas au-dessus d'elle.

Cette mentalité devrait animer chaque citoyen qui a foi dans le respect du droit, qui rêve de l'avènement d'un système démocratique en Haïti rejetant toute forme de discontinuité paralégale de l'État. Le drame en Haïti se résume en l'existence de trop de hantes mafieuses.

Par conséquent, la recherche d'un bouc-émissaire, d'un monstre dont la diabolisation aux périodes de vaches maigres devient une activité forcément lucrative et sine qua non. Et les ennemis d'Haïti ne s'attendent qu'à cela. Si Aristide s'affiche irresponsable, alors il nous faudra quelqu'un un plus profond sens de responsabilité que le verdict des urnes aura librement décrété.

Alors comment sanctionner l'irresponsabilité d'un chef d'État dans un système démocratique en sauvegardant l'intégrité de l'État?

Quels sont les recours que la loi met à la disposition des citoyens quand un président s'arroge le droit de s'écarter des normes prescrites?

Quel méchanisme doit être mis en branle dans le but d'enrayer de manière constitutionnelle les insuffisances, les manquements, l'inefficacité d'un chef d'État haïtien?

Quel recours si Président Préval se révèle irresponsable?

Serait-ce un coup d'État, serait-ce la perturbation de l'ordre constitutionnel à des fins mesquines pas tel que la raison /déraison d'État le proclame, mais tel qu'édicte la loi-mère ou serait-ce l'anarchie?

Le président est un auxiliaire de l'État je répète, s'il s'y prend autrement quel est le devoir de la société, quelle est l'obligation des institutions face à une aggression antidémocratique?

Était-ce d'instituer un gouvernement parallèle dirigé par un homme de droit, un champion des droits de l'homme, une décision logiquement comparable à la scission entre le Nord et le Sud, respectivement entre Henry Christophe et Alexandre Pétion il y a deux siècles?

Si Aristide a fait mauvais usage des deniers publics, que dit la loi?

c'est la logique d'un système démocratique.

Comment la société dans son ensemble s'organise dans le respect des normes établies pour pallier aux accrocs, voilà ce qui importe.

Un peu plus absurde peut-être est-ce que l'irresponsabilité est punissable au regard du droit criminel en Haïti pour qu'elle équivale un coup de force illégale?

Nous devrions tous investir dans la continuité de l'État sachant qu'aucun homme ne peut à lui seul changer le visage du pays. Bernard Sansaricque est jeté ax calendres grecques de l'histoire haïtienne parce qu'il était un faussoyeur politique et le peuple l'a oublié; Chanvannes Jean-Baptiste de MPP devient l'ennemi du peuple pourtant il était chouchouté par le pays jusqu'au moment où il a trahi la lutte; Aristide allait subir le même sort. Bref, il y a beaucoup à dire.
Néanmoins, Mon point de vue est simpliste; Haïti trouvera son destin à travers la perpétuation de l'État; à travers l'érection d'une "Maison Haïti" solidement axée sur les principes fondamentaux de démocratie consacrés par le peuple, ainsi chaque citoyen, quelque soit son appartenance politique, quelque soit l'intérêt qui l'anime, est appelé à sauvegarder et éterniser l'État; sinon ce sera un cercle infiniment vicieux.

Que le président Préval soit irresponsable, mon devoir de citoyen est de m'assurer qu'aux prochaines joutes électorales, je bannisse son nom sur la liste de ceux-là pour lesquels je souhaiterais voter.

Ainsi Haïti renaîtra de ses cendres! Que diriez-vous Mr. Malbranche?

Mes respects

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