Nou bouke ak kidnnaping

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Mercredi 29 novembre 2006, 5 :07 pm, Canapé-Vert: deux parents ont été
chercher leurs enfants à une garderie.

Dans leurs yeux et par leurs gestes
on entrevoit la peur. En effet, à peine
sortis de la barrière, ils regardent
dans toutes les directions afin de se rassurer que la voie soit libre.

Libre
de kidnappeurs.

Les enfants, eux aussi stressés, ont vite monté dans leur
voiture respective et sans perdre une seconde les deux conducteurs ont vidé
les lieux.

Cette scène m'a pincé le c"ur, j'ai eu pitié d'eux quoique j'aie
peur, moi aussi.

Un peu plus tôt, 4 :55 pm, une étudiante en secrétariat s'est échappée de
justesse d'un rapt à Christ-Roi. Cela explique pourquoi 2 d'entre elles
couraient à la sortie de l'établissement.

La peur s'installe maintenant dans presque toutes les familles de la
capitale sauf, bien sure, celles des kidnappeurs.

Chacun d'entre nous a au
moins une histoire de gens enlevés à raconter.

Certaines fois il s'agit de
l'histoire de notre propre enlèvement.

Certaines font la une des journaux.

Nous n'allons pas oublier aussi
rapidement celle de Farah Kerbie ou celle du petit garçon de
6 ans du
collège Saint Jean l'Evangéliste.

Hier ce fut le tour d'un personnage
public, d'un collègue, un condisciple, un ami, un proche parent.

Aujourd'hui
ou demain, ce sera peut-être votre tour. C'est impossible de vivre ainsi
dans son propre pays. On dit: « on n'est jamais chez soi que chez soi ».

La
question est de savoir maintenant: Est-ce que nous sommes chez nous?

Il semble qu'il nous reste 2 options :

1) Laisser le pays avec notre famille pour une destination parfois
inconnue mais à coup sur, incertaine.

2) Rester dans le pays à condition de faire quelque chose.

On ne peut plus rester les bras croisés, les pieds liés et la gueule fermée
à regarder gentiment les gangs nous enlever et nous demander de payer une
somme que nous ne disposons même pas. Beaucoup d'entre nous ont vu partir en
fumée toute l'économie de 5, 10, 20 ou 30 ans de
travail.

Certains ont
emprunté de l'argent à intérêt pour payer la rançon demandée.

La société haïtienne est zombifiée. Nous sommes tous des zombies.

Il nous
faut manger du sel. Ce n'est pas possible de rester ainsi.

Nous femen twou
nen nou pou nou bwe tout vye dlo santi yap ban nou bwe. Li le pou nou fini
ak pwoveb « chak koukouy klere pou je w ».

Se nou tout kap soufri, se nou
tout ki bouke, se nou tout ki pou mete ansanm pou bagay yo chanje.

Le président reste muet. Le premier ministre a fait le bilan de son
gouvernement sur la « sécurité » tandis que les bandits en font autant.

De
plus, ces derniers peuvent se féliciter du fait que leur bilan est plus
satisfaisant que celui du gouvernement.

La MINUSTHA de son côté ne fait
rien.

Nos leaders politiques ne parlent plus. On croirait qu'ils sont tous
complices.

Le pire, c'est que la police détient un fichier contenant les
photos des bandits, leurs noms et adresses.

Ils
attendent « peut être » une
décision du gouvernement.

Sous la pression d'ambassades étrangères, la
police mette la main sur des bandits qui avaient enlevé des citoyens de leur
pays.

Quant il s'agit d'haïtiens, ils se foutent de nos gueules.

Les bandits ont actuellement le contrôle de la ville.

Ils font ce qu'ils
veulent, quand ils veulent et à la manière dont ils veulent.

Ils tuent
malgré le versement de rançon. Actuellement ils pénètrent jusqu'au bureau
des gens pour les enlever.

Wa di ki yes ki gen kontwol vil lan tout bon.

Aujourd'hui, nous ne pouvons plus continuer à vivre sur ce territoire comme
si tout allait bien, nous devons faire quelque chose.

Nous n'avons plus
besoin de leader politique kap vin ranse, vin blabla.

Nous devons désormais
décider de notre sort. Fok nou fe yon bagay.

Kok nou sispann viv kon zonbi.

Il faut forcer les responsables à prendre la décision qu'il faut, à savoir
arrêter les bandits.

Nou pa vle
Aleksi ap vin pale n de negosyasyon, pandan
nou menm nap negosye ap kidnape pou yo lage fanmi nou. Se nomal pou pran
tout tan yo pou yo lez ko yo paske se nan machin blende yap kouri epi yo gen
menm 15 ajan sekirite deye yo. De plus leurs enfants sont Amérique du nord
ou en Europe.

Ki te mele dada yo.

Nous avons besoin de réunir nos pensées, nos forces, nos actions pou nou di
nou pa kapab anko. Nous n'avons point besoin que le gouvernement s'en aille.

Depi 1986 nap fe sa, peyi a pa janm fe avan, gouvenman ale pa janm regle
anyen pou peyi a, se retire vagabon mete vagabon.

Se nou menm sitwayen ki
pou mete fos nou ansanm fe presyon sou responsab yo pou yo fe travay yo.
Daye se lajan nou ki peye yo. Ce mouvement ne doit pas être politique.

Il
doit être un mouvement de tout citoyen concerné de son propre sort et du
sort du pays. Employés, travailleurs libres, patrons, écoliers, étudiants,
professeurs, commerçants, avocats, médecins,
etc. Faites quelque chose.

NOUS
ALLONS TOUS RESTER CHEZ NOUS LE LUNDI 11 DECEMBRE 2006 pour protester contre
l'inaction du gouvernement.

On va commencer ainsi.

On verra plus loin
comment intensifier nos actions.

N'oubliez surtout pas vos exploits du
passé.

Nou se yon pèp ki konn domi se vre. Men le nou reveye, nou reveye pou
tout bon.

RESTEZ CHEZ VOUS LE LUNDI 11 DECEMBRE PROCHAIN ET FAITES CIRCULER LE
MESSAGE.

Signé: un groupe de citoyens haïtiens concernés comme vous.

Junior Nicolas, December 7 2006, 12:45 PM

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